13 novembre 2011

 
Dimanche après-midi mélancolie. Je porte le pull rayé que j'ai acheté hier dans la petite friperie en bas de notre immeuble. Il a une odeur de grenier, une odeur de malle qu'on n'ouvre plus jamais. Je ne peux plus m'arrêter de regarder ce mur-là. Je crois bien qu'il a toujours été comme ça, et pourtant, c'est comme si je le découvrais pour la première fois. Eux, elle, lui, tous autant qu'ils sont. Aujourd'hui, ils me manquent un peu plus que les autres jours. Oui, ça m'arrive quelques fois, au point de me demander comment je fais, les autres jours ? Je crois que dans la dernière lettre que je lui ai écrite, je lui ai dit que j'aimerais qu'il neige le jour où on se retrouvera. Je ne sais pas pourquoi. C'est venu, comme ça. Et depuis, j'y pense très souvent. La neige, son sourire et sa peau si chaude, ses bras autour de moi et ses lèvres si douces. Au petit matin, dans les derniers crépitements du feu de bois, je laisserais son corps pâle seul entre les draps blancs. J'enfilerais un pull et une paire de bottes, et je m'en irais sans bruit avec le chien de la maison, faire crisser ce manteau blanc sous mes pas. Comme dans la chanson de Barbara, je rentrerais en passant à travers-champs, les joues rosies, pour préparer des pancakes et du chocolat chaud. Et puis j'irais me blôtir contre lui avant qu'il ne se réveille. Nos corps pâles entre les draps blancs.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire