3 novembre 2011

Joséphine, elle est comme l'automne, elle virevolte. Vous la voyez, du haut de ses quatre-vingt printemps - et des poussières -, se dandiner au milieu de sa cuisine au fil des notes de Louis Armstrong ? Juste derrière elle, il y a Yvan, l'amour de sa vie, qui sourit derrière ses moustaches. Et Joséphine danse, en faisant tourner sa robe à fleurs et son chignon gris. Oh, elle ne danse plus comme à vingt ans, mais elle a toujours cette même grâce au bout des doigts. Et puis elle aime ça. Alors elle ne s'arrête pas, ne s'arrête pas. Joséphine, elle aime la vie. Elle dit toujours qu'on sent ces choses-là dans le fond de son cœur, quand il s'agite pour une broutille. Un morceau de musique, une montgolfière dans le ciel, un ronronnement de chat, un rire d'enfant. Joséphine, elle rêve d'avoir des ailes. Parce qu'elle n'a jamais pris l'avion et qu'elle aimerait voir comment c'est, là haut, de voir les gens aussi petits que des fourmis. Joséphine, elle aime regarder de vieux films. En noir et blanc, ça lui rappelle quand elle allait au cinéma avec son Yvan, il y a longtemps. Les héros de films ne vieillissent pas, eux, alors elle se sent jeune une deuxième fois. Joséphine, elle a peur d'arrêter de vivre. Tout le monde sait que quand on aime trop fort, on voudrait ne jamais dire adieu. Alors elle s'excuse en silence devant son Yvan qui continue de sourire derrière ses moustaches ; elle promet de le rejoindre plus tard, le plus tard possible. Et elle continue de danser, de danser.

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