18 novembre 2011


Là où je vis, il y a l'une des plus belles bibliothèques que j'ai jamais vues. Pour y entrer, il faut passer une petite porte qui n'a l'air de rien depuis la rue ; mais en empruntant le large escalier de pierre qui se cache derrière, on tombe nez à nez avec une des plus belles vues sur la ville. La première fois que j'avais voulu m'y rendre, je m'étais un peu perdue. J'avais longtemps pédalé dans les rues voisines, en me laissant berner par la petite porte qui n'a l'air de rien. Alors la première fois que je suis arrivée en haut du large escalier de pierre, c'était comme si j'avais découvert un trésor, un secret. Maintenant, l'après-midi, je charge mon sac de gros livres, j'enfile mes bottes et j'enfourche mon vélo pour aller étudier là-bas. Il y a des canapés en cuir noir, un parquet qui grince, des tas de gens cachés derrière des tas de livres, le dictionnaire français-italien tout en bas du rayon, l'énorme cloche de la cathédrale qui résonne et, à l'étage du dessus, les croissants de la caféteria et le ciel de Florence. Là où je vis, il y a cette vitrine que j'ai eu furieusement envie de photographier pendant deux jours, celle de la petite friperie en bas de chez nous. Je ne peux pas dire que je la trouve jolie, mais je crois savoir que ça me fera quelque chose de retrouver cette photo, un jour. Je penserai sans doute à la vendeuse et ses deux paires de lunettes - une sur le nez et l'autre dans les cheveux -, à la collection de foulards de soie sur le comptoir, au bracelet acheté avec Marina pour consoler Agne. Là où je vis, il y a la nuit qui tombe si vite, du café trop noir, de petits cadeaux laissés sur un bureau, du linge qui sèche dans une pièce qu'on n'utilise jamais, de la vaisselle qui traîne, des visages sur les murs, de la musique qui va trop fort et. La déjà-certitude que tout cela me manquera.

1 commentaire:

  1. Merci. Tu me ferais presque regretter ma décision de ne pas partir à Florence l'année prochaine, finalement.

    RépondreSupprimer