24 janvier 2012


Florence au mois de janvier, c'est se délecter du bleu du ciel en ouvrant les persiennes le matin, c'est trouver des confettis vestiges du capodanno dans tous les recoins de rue. C'est écouter très fort cette chanson de Slow Club, sans fin. C'est accompagner Eoghan dans son café préféré, celui où il y a des livres partout, pour le brunch du dimanche midi, et repartir avec un papier griffonné par le patron qui a bien voulu me confier les secrets de sa playlist. C'est penser à son coeur qui bat en croisant chaque jour ce "buongiorno principessa" qui ne manque jamais de me faire sourire. C'est m'offrir un beau livre* en souvenir de cette décision prise comme une bonne résolution, le premier janvier à minuit trois minutes et vingt-quatre secondes, avec mon amoureux tout heureux pour témoin. C'est marcher dans les rues étroites et avoir peur de mes propres pas qui résonnent très fort, c'est s'arrêter un peu pour écouter les cloches qui sonnent. C'est retrouver par hasard cette jolie papeterie dénichée un beau jour de décembre, et que j'avais perdue. C'est aller faire des courses pour apprendre à cuisiner de vraies lasagnes, et prendre aussi du vin en décidant que c'est un jour de fête. C'est faire un détour par la librairie internationale pour acheter un livre en français, pour penser à autre chose qu'aux livres en italien et aux examens. C'est recevoir des enveloppes de toutes les couleurs, et en envoyer autant. C'est plier du papier en forme d'oiseaux et d'étoiles, ou dessiner sur de petits cailloux, et se dire que c'est chouette de faire du beau avec du rien. C'est border Matti comme le ferait une maman parce que, vraiment, devi dormire ora. C'est être félicitée par Marina comme le serait une enfant parce que, brava, j'ai affronté brillamment la discussion avec le pharmacien. C'est avoir envie d'aller à la messe, comme ça, alors que je n'ai pas mis les pieds dans une église depuis des lustres. C'est être impressionnée par Agne que je vois chanter sur scène pour la toute première fois, et rire du visage torturé d'Ale lorsqu'il fait hurler sa guitare. C'est acheter une robe rouge en soldes, et oser la porter avec un veston d'homme. C'est poser une minuscule plante sur un coin de mon bureau et trouver que ça change tout, oh ça oui. C'est être bercée toute la journée par le violon, la guitare et la voix d'Eoghan, sans aucun répit. C'est penser à mon amoureux qui s'en ira bientôt à l'autre bout du monde et, contre toute attente, s'en sentir fière. C'est avoir mille projets, mille envies, et se trouver chanceuse de pouvoir choisir. C'est me dire qu'il serait peut-être bien possible, un jour pas trop lointain, de finalement réussir à devenir celle que j'aimerais être.
 
*Un Monde à l'Envers (Mondo Matto), Atak, éditions Thierry Magnier, septembre 2010.

3 commentaires:

  1. De blog en blog je me retrouve ici, j'aime beaucoup tes photos... alors je laisse un p'tit mot ;) Bonne journée

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  2. Je vis Florence au mois de janvier avec toi et que c'est bon! Ça me "fait de l'air à l'intérieur".
    Et cette dernière phrase, je l'aime à mourir!
    Des baisers ma douce*

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