23 février 2012


Il y a quelques jours, j'ai marché sur une plage pour la première fois depuis bien trop longtemps. Il pleuvait, le vent faisait violemment rouler les vagues jusqu'à nos pieds, valser mes cheveux devant mes yeux. J'avais presque oublié le sentiment d'immensité, le goût du sel sur la langue, le vent qui fait bourdonner les oreilles, l'envie de construire une maison de bois juste là et d'y rester toute la vie. / Le nombre de photos prises ce mois-ci peut presque se compter sur les doigts de la main. Je me demande ce que je vais bien pouvoir retenir de février avec des photos floues d'Agne et de tartes ratées. Alors je joue à revenir en arrière, à partir à la recherche des photos d'il y a un an, deux. Il y a deux ans, j'avais les doigts noirs d'encre en emballant dans du papier journal des cadeaux pour un ami, je cuisinais des pancakes partout où j'allais, je découvrais le visage de petite fille de ma grand-mère au détour d'une vieille boîte à photos. Il y a un an, je marchais dans les rues de Cologne derrière mon amoureux et sa casquette de grand-père, le nez en l'air. Tout revient, très vite. Le blanc des murs de la chambre étudiante allemande, les pas qui résonnent dans les escaliers, le bruit léger du crayon sur le papier. Et Charles Trenet qui raconte son jardin extraordinaire, tout comme hier sans le savoir. Et l'amour que l'on faisait toute la journée, l'amour que l'on se disait au creux de l'oreille, tout comme hier sans le savoir.

2 commentaires:

  1. Ca c'est quelque chose que j'aimerais beaucoup beaucoup avoir une maison près d'une plage, on ne s'en lasse jamais!

    RépondreSupprimer
  2. Et ce frisson, cette mélancolie en lisant tes souvenirs si joliment écrits :-)
    Merci de nous emmener avec toi imaginer tes photos d'hier et les pensées qui les accompagnent.

    RépondreSupprimer